Alzheimer: une maladie un peu mieux connue, mais toujours sans traitement

lundi 21 septembre 2015 11:04

Observée depuis un siècle, la maladie d'Alzheimer touche aujourd'hui des dizaines de millions de personnes dans le monde. De mieux en mieux connue des chercheurs, elle reste sans traitement curatif.

Question: Qu'est ce que la maladie d'Alzheimer?

Réponse: C'est une maladie neurodégénérative complexe qui conduit à une détérioration des capacités cognitives et entraîne progressivement une perte d'autonomie. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il y aurait environ 47,5 millions de personnes atteintes de démences dans le monde, dont 60 à 70% de la maladie d'Alzheimer. En France, 850.000 à 900.000 personnes seraient touchées par Alzheimer et les maladies apparentées.

Parmi les premiers symptômes qui peuvent évoquer la maladie figurent des oublis répétés, des problèmes d'orientation, des troubles des fonctions exécutives (ne plus savoir utiliser son téléphone portable, sa machine à laver ou son four à micro-ondes). Ces symptômes doivent amener à consulter un médecin ou un centre spécialisé où des tests neuropsychologiques seront réalisés pour diagnostiquer ou au contraire exclure la maladie d'Alzheimer.

Q: Quels sont les principaux facteurs de risque de la maladie?

R: Selon les études parues ces dernières années, il s'agit de l'hypertension artérielle, d'un taux trop élevé de cholestérol, du tabagisme et de la sédentarité. Un niveau d'éducation élevé aurait un revanche un effet protecteur, retardant de plusieurs années l'apparition d'Alzheimer.

La maladie pourrait aussi être favorisée par des sports violents comme le football américain ou la boxe. Mais le principal facteur de risque reste l'âge, avec des pourcentages de personnes atteintes atteignant 20 à 40% selon les estimations, chez les plus de 85 ans.

La maladie est considérée comme strictement héréditaire dans seulement 1% des cas. Il existe aussi un ensemble de prédispositions génétiques à développer Alzheimer.

Q: Connaît-on mieux la maladie aujourd'hui?

R: On connaît aujourd'hui beaucoup mieux la manière dont la maladie s'installe progressivement pendant des années avant les premiers symptômes, relève le Pr Philippe Amouyel, directeur de la Fondation nationale Alzheimer.

Des outils comme l'imagerie (IRM, PET-scan) permettent de mesurer à des stades de plus en plus précoces les "plaques" séniles ou dépôts de peptides bêta-amyloïdes dans le cerveau ou l'accumulation anormale de la protéine Tau dans les neurones.

Des tests sanguins ont également été mis au point ces dernières années pour diagnostiquer ou dépister précocement la maladie, basés notamment sur des biomarqueurs liés à des gènes de prédisposition, des protéines ou des enzymes.

Q: Quels sont les traitements disponibles et où en est la recherche?

R: Il n'existe toujours pas de traitement curatif, mais seulement des traitements des symptômes qui sont principalement des troubles des fonctions cognitives. Mais ils ont généralement "des effets limités dans le temps et ne peuvent pas être donnés à tout le monde", selon le Pr Amouyel.

Depuis quelques années, les recherches se sont multipliées pour tenter de traiter les lésions responsables des symptômes. Plus d'une centaine de molécules sont testées à l'heure actuelle dans le monde dont la grande majorité s'efforcent de stopper ou de ralentir l'accumulation de la protéine bêta-amyloïde tandis que les autres visent l'agrégation de protéines Tau anormales.

Parmi les traitements prometteurs figurent les biothérapies basées sur des injections d'anticorps ciblant les protéines néfastes d'Alzheimer.

Mais les molécules testées à ce stade se sont dans l'ensemble montrées "décevantes", relève le Pr Dubois, chef du service des maladies cognitives et comportementales de l'hôpital de la Pitié-Salpetrière à Paris. Certaines ont réussi à stopper ou ralentir le développement des plaques mais "n'ont pas réussi à améliorer les symptômes", sauf de manière "très modérée" dans quelques formes précoces de la maladie.

L'anticorps solanezumab du laboratoire américain Eli Lilly a permis de ralentir la progression d'une forme modérément avancée d'Alzheimer, selon des résultats publiés en juillet.

"Il faudrait probablement travailler encore plus en amont sur des personnes présentant des lésions, mais pas encore de symptômes", selon le Pr Dubois. Mais traiter des personnes "qui n'ont pas encore développé la maladie et qui ne la développeront peut-être jamais avec des médicaments dangereux" pose des problèmes éthiques.

Par Elisabeth ZINGG, © 2015 AFP



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