Génériques: une campagne pour combattre les doutes

mardi 27 septembre 2016 15:38

Une campagne nationale d'information sur les génériques a été lancée mardi afin de combattre les freins qui subsistent chez une partie des médecins et de la population face à ces médicaments moins coûteux pour l'assurance maladie.

"Nous sommes en progrès, mais nous restons derrière nos voisins européens", a indiqué la ministre de la Santé Marisol Touraine, au cours d'une conférence presse donnant le coup d'envoi à la campagne qui se prolongera jusqu'au 27 novembre.

Ce retard s'explique, selon elle, par le fait qu'"encore trop de Français et de professionnels de santé continuent de s'interroger sur les médicaments génériques", comme le montre une enquête BVA rendue publique mardi.

Car si près de huit Français sur dix utilisent des médicaments génériques, le degré de "confiance" qu'ils leur accordent reste "plus modéré", avec une note moyenne de 6,8/10 dans le grand public et de 6,6/10 chez les médecins.

Le niveau de confiance est en revanche plus élevé (8,7/10) chez les pharmaciens qui sont les professionnels de santé les plus convaincus par les génériques.

Mme Touraine a rappelé que le générique est "un pilier essentiel pour garantir la pérennité de notre système de santé".

Il a déjà permis de réaliser 7 milliards d'euros d'économies en l'espace de cinq ans et devrait, selon elle, encore permettre de faire 300 à 350 millions d'euros d'économies supplémentaires au cours des trois prochaines années.

Selon Nicolas Revel, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), 33% des médicaments remboursés en France étaient déjà des médicaments génériques en 2013, contre 48% au Royaume-Uni, 51% en Allemagne et 63% aux Pays-Bas.

- 7 milliards d'euros d'économies -

La France s'est fixé comme objectif de faire passer la part des génériques - qui atteignait 44% en 2015- à 50% de l'ensemble des médicaments prescrits.

"Pour atteindre cet objectif, il faut qu'il y ait plus de génériques sur le marché, que les médecins prescrivent plus et que les patients aient confiance", a déclaré Mme Touraine, insistant sur le fait que le générique est "un médicament moins cher mais tout aussi efficace".

"Avant de pouvoir être développé sous forme de générique, un médicament a dû au préalable prouver sa qualité, sa sécurité et son efficacité", a-t-elle martelé pour convaincre ses détracteurs.

Les doutes portent notamment sur le contrôle de la fabrication des médicaments : selon le sondage BVA, seulement la moitié des Français pensent que les génériques et les médicaments d'origine sont contrôlés de la même manière à travers le monde, un taux qui tombe à 36% chez les médecins.

Cette crainte est infondée, assure Dominique Martin, directeur général de l'agence du médicament ANSM qui peut décider de suspendre l'autorisation d'un médicament à l'issue d'une inspection.

Les réticences d'une partie du corps médical et des patients portent également sur les excipients, des substances qui entrent dans la composition du médicament pour lui donner un goût ou une couleur et qui peuvent varier d'un générique à l'autre.

Interrogé sur le peu d'empressement de certains médecins à prescrire des génériques, le Pr Pierre-Louis Druais, président du Collège de médecine générale, associé à la campagne, estime qu'ils sont minoritaires et qu'ils font souvent l'objet d'une "pression importante" de la part de leurs malades.

"La campagne devrait aider à lever les derniers freins", ajoute-t-il.

Un spot TV sera diffusé sur les chaînes nationales du 27 septembre au 18 octobre, suivi de spots radios donnant la parole à des experts et à des professionnels de santé pendant trois semaines à partir du 22 octobre.

Des affiches, déclinées autour des cinq thématiques de la campagne (l'antériorité, l’efficacité-sécurité, la qualité, les enjeux économiques et sociétaux, la pratique au quotidien) seront apposées dans les pharmacies et centres commerciaux et publiées dans la presse tandis que des vidéos pédagogiques seront disponibles sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, un espace d’information et d’échanges au service des professionnels de santé et du grand public est proposé sur le site www.medicaments.gouv.fr jusqu'au 25 novembre.

Par Elisabeth ZINGG, © 2016 AFP



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