Maternité des Lilas: manifestation à Paris pour dire non au déménagement

samedi 25 janvier 2014 18:09

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi après-midi à Paris pour s'opposer au déménagement de la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis) et demander que ce lieu emblématique de la lutte pour les droits des femmes "vive aux Lilas".

"Ca fait quatre ans que nous nous battons, on ne lâchera pas", a lancé Marie-Laure Brival, porte-parole du collectif de la maternité, au personnel de l'établissement privé qui avait revêtu des blouses couleur lilas pour manifester.

"C'est une petite institution, mais un grand lieu de liberté", a-t-elle souligné, dénonçant "une logique fondée uniquement sur la réduction des coûts".

Pilule, avortement, accouchement sans douleur: l'histoire de la maternité des Lilas - 50 ans cette année - est liée à la lutte pour le droit des femmes. Mais ses locaux sont vétustes et elle devait être reconstruite dans le même quartier.

Ce projet a été annulé en juin pour des raisons financières par l'Agence régionale de santé (ARS), qui a préconisé un déménagement à 3,5 km de là, au centre hospitalier de Montreuil.

Mais le personnel craint de devoir renoncer à la spécificité de son approche, centrée sur la liberté de choix des femmes.

D'anciennes patientes et de jeunes couples avec enfants se sont joints à la manifestation, aux côtés de plusieurs élus.

"Je suis là car j'ai accouché dans cette maternité en 68, ma petite-fille va bientôt y naître", explique une participante.

Sur une pancarte brandie par un jeune couple, portant son bébé dans les bras, on peut lire: "J'ai 14 jours, je suis née en douceur aux Lilas, c'est ma première manif".

Chargé par l'ARS d'évaluer les deux projets, le professeur René Frydman, "le père médical" du premier bébé éprouvette, a jugé les deux solutions "valables" en termes de "fonctionnement médical et d'accueil des patients".

Mais une relocalisation à Montreuil coûterait "entre 8 et 10 millions d'euros", contre environ 24 millions pour une reconstruction aux Lilas, fait valoir l'ARS.

L'aide que pourra fournir l'Agence ne pouvant "excéder un montant de 8 à 10 millions d'euros", si la deuxième solution l'emportait, "il serait nécessaire que les collectivités territoriales ou d'autres financeurs (...) acceptent d'assurer le financement complémentaire", a-t-elle prévenu dans un courrier adressé dernièrement à la maternité.

"On est dans une situation de blocage, l'arbitrage aujourd'hui est politique", a estimé Claude Ermonegi, premier adjoint (PCF) au maire des Lilas, présent à la manifestation.

Eric Feferberg, © 2014 AFP



© Ma santé facile, 2017. Contact | Plan du site | Respect de la vie privée et Mentions légales