Coronavirus: les hôpitaux d'Athènes se préparent "au pire"

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Coronavirus: les hôpitaux d'Athènes se préparent "au pire"

Le vendredi 20 novembre 2020 à 19:28 hôpitaux Grèce

Coronavirus: les hôpitaux d'Athènes se préparent "au pire"

Une infirmière soigne un patient atteint du coronavirus dans un hôpital d'Athènes, le 20 novembre 2020
Une infirmière soigne un patient atteint du coronavirus dans un hôpital d'Athènes, le 20 novembre 2020

La saturation des hôpitaux de Thessalonique, deuxième ville grecque, accroît la pression sur les services de santé d'Athènes qui craignent une aggravation de la pandémie et se préparent "au pire", a déclaré le président de l'hôpital de Voula dans un entretien à l'AFP.

"Nous ne sommes pas encore au pic de la pandémie en Grèce, la situation pourrait s'aggraver et la pression sera pire", s'inquiète Andréas Plemmenos, qui gère l'un des plus grands hôpitaux de la banlieue balnéaire d'Athènes.

Le gouvernement a réquisitionné vendredi deux cliniques privées à Thessalonique, la deuxième ville grecque d'un million d'habitants, la plus frappée avec une personne sur trois contaminée par le virus.

Des infirmières s'occupent de patients atteint du coronavirus dans un hôpital d'Athènes, le 20 novembre 2020
Des infirmières s'occupent de patients atteint du coronavirus dans un hôpital d'Athènes, le 20 novembre 2020

Mais le gouvernement n'exclut pas le transfert de patients à Athènes, qui compte près d'un tiers de la population grecque (3,9 millions d'habitants).

Dans ce cas, la pression sera accrue sur les hôpitaux athéniens et "les choses seront beaucoup plus difficiles", s'inquiète Andréas Plemmenos.

En soins intensifs, seuls 4% des lits d'hôpital sont encore disponibles à Thessalonique, et 20,5% à Athènes, selon les chiffres publiés vendredi par le ministère de la Santé.

- "Progression géométrique" -

Outre le bond des infections ces dernières semaines en Grèce, c'est surtout la hausse du nombre de patients intubés qui préoccupe experts et autorités.

"La progression est géométrique: malheureusement entre 30% à 40% des personnes en réanimation vont décéder, d'où notre inquiétude", prédit ce mathématicien spécialiste de la gestion des entreprises.

Des infirmières s'occupent de patients atteint du coronavirus dans un hôpital d'Athènes, le 20 novembre 2020
Des infirmières s'occupent de patients atteint du coronavirus dans un hôpital d'Athènes, le 20 novembre 2020

Il y a un mois, le pays ne comptait que 87 patients en soins intensifs alors que leur nombre a dépassé les 500 vendredi. De 667 le 20 octobre, les contaminations quotidiennes évoluent désormais entre 2.500 et 3.000. Et le nombre de décès a grimpé de 8 par jour à 72 vendredi.

Depuis l'apparition du virus fin février en Grèce, 1.419 personnes en sont mortes et 87.812 ont été contaminées.

M. Plemmenos prévient qu'il faudra "au moins vingt jours pour voir les résultats" du reconfinement décrété début novembre et du couvre-feu nocturne imposé quatre jours plus tard.

Epargnée au printemps par rapport à ses partenaires européens, la Grèce a connu une recrudescence de cas depuis fin septembre.

"La deuxième vague était attendue mais elle est arrivée plus tôt que prévu", souligne le responsable. "Le succès de la Grèce lors de la première vague avait rassuré les gens qui n'ont pas respecté suffisamment les gestes barrières ou le port du masque".

"Les gens ont eu tendance à oublier les mesures", renchérit M. Plemmenos. "Et en septembre, ils ont continué à se rassembler dans des espaces fermés comme ils le faisaient pendant l'été en plein air sur les plages".

- A Voula, le service Covid est "plein" -

Depuis le printemps, les effectifs de son hôpital de 402 lits ont été renforcés d'une centaine de personnels hospitaliers.

Des infirmières s'occupent de patients atteint du coronavirus dans un hôpital d'Athènes, le 20 novembre 2020
Des infirmières s'occupent de patients atteint du coronavirus dans un hôpital d'Athènes, le 20 novembre 2020

Aux rênes de l'hôpital de Voula depuis janvier, quelques semaines avant la pandémie en Grèce, M. Plemmenos a décidé dès le mois d'août de créer un service de 24 lits consacré au Covid-19 dans un bâtiment séparé.

"Au début, on n'avait que trois ou quatre cas dans ce service alors que maintenant il est plein", précise-t-il.

La semaine dernière, une dizaine de lits ont été ajoutés. "Nous nous préparons au pire", dit-il.

Par Hélène COLLIOPOULOU, © 2020 AFP


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