Philippe, Véran et Buzyn bientôt visés par une enquête judiciaire sur la gestion de l'épidémie

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Philippe, Véran et Buzyn bientôt visés par une enquête judiciaire sur la gestion de l'épidémie

Le vendredi 3 juillet 2020 à 19:58 santé gouvernement virus enquête

Philippe, Véran et Buzyn bientôt visés par une enquête judiciaire sur la gestion de l'épidémie

<media media-type="image" style="leftSide"><media-reference data-location="#photo0" mime-type=""></media-reference></media><p>Des investigations vont &ecirc;tre men&eacute;es sur la gestion de la crise du Covid-19 par les ex-ministres Edouard Philippe, Olivier V&eacute;ran et Agn&egrave;s Buzyn, avec l'ouverture d'une information judiciaire &agrave; la Cour de justice de la R&eacute;publique (CJR).</p><p>Depuis le d&eacute;but de l'&eacute;pid&eacute;mie qui a fait pr&egrave;s de 30.000 morts en France, l'ex&eacute;cutif fait face &agrave; un flot de critiques notamment sur la p&eacute;nurie de masques et a &eacute;t&eacute; vis&eacute; par de nombreuses plaintes pour "mise en danger de la vie d'autrui" ou "homicide involontaire".</p><p>Apr&egrave;s examen, la commission des requ&ecirc;tes de la CJR, compos&eacute;e de hauts magistrats et qui fait office de filtre, a estim&eacute; que neuf d'entre elles &eacute;taient recevables, a annonc&eacute; vendredi le procureur g&eacute;n&eacute;ral pr&egrave;s la Cour de cassation Fran&ccedil;ois Molins dans un communiqu&eacute;.</p><p>Aux termes de la proc&eacute;dure, ce dernier est d&eacute;sormais tenu de saisir la commission d'instruction de la CJR, qui agira comme un juge d'instruction.</p><p>Cette annonce intervient le jour m&ecirc;me de la d&eacute;mission du gouvernement dirig&eacute; par Edouard Philippe et dans lequel Olivier V&eacute;ran occupait le portefeuille de la Sant&eacute;. Sa pr&eacute;d&eacute;cesseure &agrave; ce poste, Agn&egrave;s Buzyn, avait quitt&eacute; le gouvernement mi-f&eacute;vrier pour briguer la mairie de Paris.</p><p>Les neuf plaintes qui les visent ont &eacute;t&eacute; jointes en vue de la saisine de la commission d'instruction du seul chef d'"abstention de combattre un sinistre".</p><p>Dans un communiqu&eacute; transmis &agrave; l'AFP, Edouard Philippe "prend acte" de cette d&eacute;cision et affirme qu'il apportera &agrave; la commission "toutes les r&eacute;ponses et informations n&eacute;cessaires &agrave; la compr&eacute;hension de son action et celle de son gouvernement".</p><p>Au total, 90 plaintes ont &eacute;t&eacute; re&ccedil;ues &agrave; ce jour par la CJR, seule instance habilit&eacute;e &agrave; juger les membres du gouvernement pour les actions men&eacute;es dans l'exercice de leur fonction, et 53 d'entre elles ont &eacute;t&eacute; examin&eacute;es.</p><p>Parmi elles, 34 ont &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute;es irrecevables car elles ne visaient pas un membre du gouvernement ou car le plaignant n'avait pas d'int&eacute;r&ecirc;t &agrave; agir. Dix autres, notamment contre les ex-ministres Nicole Belloubet (Justice), Jean-Yves Le Drian (Affaires &eacute;trang&egrave;res) ou encore Christophe Castaner (Int&eacute;rieur), ont &eacute;t&eacute; class&eacute;es sans suite.</p><p>- Vaste enqu&ecirc;te au parquet de Paris -</p><p>Les plaintes &agrave; la CJR avaient commenc&eacute; &agrave; &ecirc;tre d&eacute;pos&eacute;es quelques jours apr&egrave;s le d&eacute;but du confinement mi-mars. Elles &eacute;manent de particuliers, de m&eacute;decins, d'associations, ou encore de d&eacute;tenus.</p><p>Le chef de l&rsquo;&Eacute;tat, Emmanuel Macron, est lui irresponsable p&eacute;nalement des actes r&eacute;alis&eacute;s dans l'exercice de ses fonctions.</p><p>Les plaignants d&eacute;non&ccedil;aient, selon les cas, des faits de "mise en danger de la vie d'autrui", "homicide involontaire", "non-assistance &agrave; personne en danger" ou abstention de prendre &agrave; temps des mesures pour endiguer la pand&eacute;mie. </p><p>En parall&egrave;le, d'autres plaintes ont aussi &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;es, ciblant parfois nomm&eacute;ment des responsables de l'administration, comme le directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Sant&eacute; J&eacute;r&ocirc;me Salomon, en premi&egrave;re ligne durant la crise, ou encore Sant&eacute; Publique France. </p><p>Le parquet de Paris avait apport&eacute; une premi&egrave;re r&eacute;ponse judiciaire en ouvrant d&eacute;but juin une vaste enqu&ecirc;te pr&eacute;liminaire. </p><p>Cette "enqu&ecirc;te-chapeau" regroupe 13 proc&eacute;dures consacr&eacute;es aux plaintes d'associations ou d'organisations syndicales et une quatorzi&egrave;me englobant 33 plaintes, pour leur grande majorit&eacute; de particuliers, issues du site internet plaintecovid.fr.</p><p>Elle est ouverte pour "homicides involontaires", "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", "abstention volontaire de combattre un sinistre", "non-assistance &agrave; personne en p&eacute;ril".</p><p>Le procureur de Paris avait anticip&eacute; aupr&egrave;s de l'AFP un travail "consid&eacute;rable", dans une "situation historique": "C'est la premi&egrave;re fois que des plaintes sont d&eacute;pos&eacute;es alors que la crise bat son plein", avait-il relev&eacute;, alors que jusque-l&agrave; "dans les grandes affaires de sant&eacute; publique (sang contamin&eacute;, amiante&hellip;), la justice est intervenue bien a posteriori".</p><p>Deux avocats ont rapidement annonc&eacute; fin juin le d&eacute;p&ocirc;t de plaintes avec constitution de partie civile afin d'obtenir la d&eacute;signation de juges d'instruction pour enqu&ecirc;ter. </p><p>"On n'entend plus parler" de l'enqu&ecirc;te du parquet de Paris, s'&eacute;tait justifi&eacute; Me Fabrice Di Vizio, qui repr&eacute;sente un collectif de m&eacute;decins appel&eacute; C19. </p>

Par Mehdi CHERIFIA, © 2020 AFP


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