Vague de licenciements et restructuration massive du ministère de la Santé américain
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Vague de licenciements et restructuration massive du ministère de la Santé américain
Le jeudi 27 mars 2025 à 16:55 ● restructurations emploi santé politique
Vague de licenciements et restructuration massive du ministère de la Santé américain

Le ministre de la Santé américain Robert Kennedy Jr a annoncé jeudi qu'il réformait son ministère de fond en comble, une restructuration qui passe par la suppression de près d'un quart des effectifs, y compris 10.000 licenciements.
Cette annonce survient au moment même où les Etats-Unis font face à une crise sanitaire d'ampleur avec le retour de la rougeole, une maladie grave très contagieuse, qui a contaminé plus de 380 personnes et fait deux morts, les premiers enregistrés dans le pays en une décennie.
Selon le plan du ministre, vivement critiqué par les professionnels de la santé pour sa gestion de cette épidémie, environ 10.000 personnes vont être limogées. Quelque 10.000 autres postes seront supprimés après des départs volontaires ou en retraite anticipée, précise un communiqué. Les effectifs du ministère passeront de 82.000 employés à temps plein à 62.000.
Ces licenciements concernent divers services du ministère et des agences qu'il supervise, notamment celles chargées de la réponse aux épidémies ou encore de l'approbation de nouveaux médicaments.
Il s'agit des dernières coupes dans l'appareil fédéral annoncées par le gouvernement de Donald Trump, qui procède depuis son retour au pouvoir en janvier à des limogeages massifs, souvent contestés en justice.
- "Prolifération bureaucratique" -
La restructuration annoncée jeudi prévoit également la réduction du nombre de départements au sein du ministère de 28 à 15 et la fermeture de la moitié de ses antennes régionales.
Toutes ces mesures doivent permettre selon le communiqué de réaliser une économie d'environ 1,8 milliard de dollars par an -- soit 0,1% du budget annuel du ministère chargé de la santé des plus de 340 millions d'habitants des Etats-Unis.
"Cette refonte sera une solution gagnant-gagnant pour les contribuables", assure Robert Kennedy Jr, qui a pris les rênes du ministère mi-février en promettant de s'attaquer aux institutions qui "volent la santé" des Américains.
"Nous ne nous contentons pas de réduire la prolifération bureaucratique" du ministère, "nous réorientons l'organisation vers sa mission principale et nos nouvelles priorités pour inverser l'épidémie de maladies chroniques", a-t-il poursuivi, promettant que son ministère en ferait "beaucoup plus à moindre coût".
Une annonce fustigée par plusieurs figures de l'opposition.
"Soyons clairs: licencier arbitrairement plus de 10.000 employés du ministère de la Santé ne permettra pas d'améliorer la santé des Américains. Cela les rendra plus malades", a ainsi tonné le sénateur de gauche Bernie Sanders.
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, s'est lui particulièrement inquiété des suppressions de postes dans l'agence responsable des programmes d'assurances santé publiques Medicare et Medicaid. "C'est une attaque contre les familles et les consommateurs", a-t-il dénoncé.
- "MAHA" -
Ancien avocat en droit de l'environnement, Robert Kennedy Jr est la figure de proue d'un mouvement baptisé "Make America Healthy again" qui vise à "Rendre à l'Amérique sa santé", un slogan calqué sur le célèbre "MAGA" ("Make America Great again") de Donald Trump.
La réforme doit permettre au ministère de consacrer ses efforts à la lutte contre les maladies chroniques comme l'obésité, via une alimentation plus "saine, une eau propre et l'élimination des substances toxiques de l'environnement".
De nombreux soignants et scientifiques s'étaient opposés à la nomination de RFK Jr en raison notamment de ses positions antivaccins. Ils se sont récemment inquiétés de ses dernières prises de parole, entre minimisation de la gravité de l'épidémie de rougeole et promotion de remèdes alternatifs dont l'efficacité n'est pas prouvée pour la plupart.
Plusieurs experts ont également mis en avant le risque de délaisser la recherche sur les maladies infectieuses et leur surveillance, au moment où le nombre de menaces dans ce domaine ne cesse d'augmenter.
"La liste des maladies qui nous inquiètent a vraiment pris une ampleur incroyable", déclarait récemment Jennifer Nuzzo, professeure d'épidémiologie à l'université Brown, évoquant la circulation importante de la grippe aviaire qui fait craindre une nouvelle pandémie potentielle.
Par Charlotte CAUSIT, © 2025 AFP
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